J’entends mes nombreux lecteurs penser : « Quossé que le classement de photos a à voir avec le minimalisme? » C’est sûr qu’on est un peu dans l’abstrait, dans le « pas tangible », mais les photos numériques n’en sont pas moins lourdes sur la conscience lorsque trop nombreuses.
Une fois qu’on devient maman, on devient victime d’une pathologie quasi universelle : on se met à appuyer sur le déclencheur de façon obsessionnelle. C’est plus fort que nous. On appuie sur le déclencheur au même rythme qu’on respire. Le téléphone à poche est à proximité, prêt à croquer sur le vif le prochain sourire-pas-de-dent, d’un coup qu’il serait différent des 321 derniers. C’est un classique. Surtout dans la première année de vie de bébé où les premières fois arrivent tout le temps : le premier sourire, le premier pas, le premier gâteau, la première dent…
J’adore garder un souvenir des moments forts; capturer des regards étincelants, mettre sur papier des émotions, transcrire l’histoire de la jeune vie de mes enfants. Mais autant le fait de prendre des photos est grisant, autant le post-traitement est pesant. Ç’a été ma bête noire longtemps. Je suis contente d’avoir un appareil-photo numérique pour contrôler le traitement de mes fichiers moi-même. Par contre, le coût en temps, en énergie et en organisation est énorme. Il m’a fallu des années avant d’avoir un système de classement efficace. Pour ce qui est est photographies de cellulaire, n’en parlons pas.
Avec l’argentique, il n’y avait pas de post-triage à faire. Le 24 poses que j’allais faire développer avait été judicieusement planifié, il y avait une réflexion derrière chaque photo. Je me rappelle d’un voyage à Toronto avec ma classe de 5e année ET deux 24 poses. Assez vite, j’avais calculé combien de photos je pouvais prendre par jour, par activité, par heure. Il se trouve qu’une fois développées, chaque photo était vraiment précieuse, les redondances inexistantes. Avec l’argentique, on pouvait facilement pardonner le fait qu’elles soient floues, avec des yeux fermés et qu’elles incluent toujours un clown qui regardait ailleurs les yeux un peu cross side : ça les rendait authentiques parce qu’il n’y avait qu’une chance. Avec le numérique, il n’y a plus la même réflexion : toutes les photos sont censées être bonnes parce que les chances de se reprendre sont infinies.
Aujourd’hui, on paye de notre temps. Le temps de reprendre la même photo 30 fois, de télécharger les photos, de les trier, les sélectionner, les recadrer, les traiter, les sauvegarder à différents endroits : le nuage informatique, les disques durs externes, les backup, les impressions. Le nombre de photos prises a considérablement augmenté, mais les souvenirs tangibles ont diminué. Le processus est tellement éreintant. On repousse à plus tard. Quelle galère.
Mon système de classement n’est pas parfait, mais il est intégré dans mes habitudes et me donne la paix d’esprit quant à la sécurité de mes souvenirs. Libre à vous de vous en inspirer.
Voici ce dont vous avez besoin :
- (Prendre moins de photos est un bon départ)
- Deux boîtes photos (minimum) comme celle sur la photo qui accompagne mon article (achetée chez Michaels)
- Un avis trimestriel, papier ou en ligne, qui vous rappelle de mettre à jour vos photos (et l’assiduité nécessaire le jour venu)
- Deux disques durs
- Un espace de stockage sur Internet, payant ou pas
- Un commerce pour imprimer des photos
- Un album photo par enfant
Étape 1 : Sélectionner les meilleures photos
J’ai un rappel, quatre fois par année (janvier, avril, juillet et octobre), pour la mise à jour de mes dossiers photos. Première chose à faire en ce premier jour des mois concernés : je laisse aller quelques gros mots parce que franchement, ça me tente pas de gérer ça. Puis, je retire ma carte SD de mon appareil-photo et je l’insère dans mon ordinateur. Je me prépare un café extra-caféiné, et je sais que ma job à ce moment est la sélection des meilleures photos. Je ne conserve que celles qui me tiennent vraiment à coeur. Si j’ai pris 500 photos dans les derniers trois mois par exemple, l’idéal est d’en couper les 3/4. C’est la purge.
J’utilise pour ma part un disque dur de transition pour faire le tri et le traitement de mes photos dans un logiciel. Ce disque dur de transition est optionnel, la purge ne l’est pas. Si vous faites une épuration efficace directement sur votre téléphone à poche ou sur votre ordinateur, c’est mission accomplie. L’important ici, c’est d’effectuer un tri efficace aux trois mois. Les photos non sélectionnées vont à la corbeille : CIAO bye (même si ça peut être épeurant de les laisser aller de façon définitive).
Étape 2 : Exporter les photos sur des disques durs
Une fois la sélection finalisée, j’exporte mes photos sur deux disque durs qui servent exclusivement à stocker des photos/vidéos. Quand j’ouvre un disque dur, il n’y a que deux dossiers principaux en fait : « Photographies » et « Vidéos ». Dans « Photographies », on retrouve des dossiers « année » (« 2021 », « 2020 », « 2019 », etc.). Dans chaque dossier « année », on retrouve quatre dossiers qui divisent l’année en période trimestrielle (« Janvier – Mars », « Avril-Juin », etc). Le 1er janvier 2022 par exemple, je remplis le dossier « Septembre – Décembre », lui-même dans le dossier « 2021 ».
Sur les deux disques durs, il y a exactement le même contenu. S’il y en a un qui rend l’âme, je ne perds pas mes photos, et j’ai le temps d’aller m’en acheter un autre pour copier tous les fichiers. Pendant un voyage ou même en tout temps, l’idéal serait de laisser un disque dur chez quelqu’un de la famille.
Étape 3 : Stocker les meilleures photographies sur Internet
Ces photos sont ensuite stockées dans le nuage informatique. J’ai fait le choix de ne pas payer pour de l’espace en ligne. Dans mon chemin vers la simplicité financière, j’évite le plus possible les dépenses récurrentes et automatiques desquelles je pourrais me sentir prisonnière. Par ailleurs, plus j’ai de l’espace, plus je m’étends alors je préfère tout de suite faire l’effort d’une purge supplémentaire. Si je transfère 150 photos dans le dossier « Septembre -Décembre » sur les disques durs, il y en aura peut-être 50 de celles-ci qui se retrouveront sur mon Drive. La crème de la crème. À vous de voir si vous transférez tous vos fichiers ou pas.
Étape 4 : Imprimer la crème des photos
Ces 50 photos (ou une partie de celles-ci) constituent le plus beau de mes souvenirs. Elles sont imprimées chez Gosselin si je veux de la qualité, ou chez Jean Coutu si je n’ai pas trop d’attente. Je les range dans une boîte photo temporaire « en attente d’être classées » . Quand je tombe en période de flow artistique « album-photo des enfants », j’ouvre ma boîte et je commence le travail de l’étape 5.
Pour moi personnellement, j’ai une boîte photo qui regroupe toutes les meilleures photos de ma vie. UNE boîte. Une sorte de coffre aux trésors. Quand j’ouvre cette boîte, la magie opère et je capote à les regarder une par une. Limiter mes photos de vie à une boîte me procure une grande joie à prendre le temps de les regarder. À en prendre soin. Vous ne me verrez jamais ouvrir mon disque dur avec autant de fun.
Étape 5 : Constituer l’album photo de mes enfants
Chaque enfant a son propre album photo dans lequel j’intègre écriture, bricolage et photographies. Ils sont super personnalisés, dans le genre Project Life, avec du matériel pas cher trouvé à la boutique du dollar ou dans des friperies. Ils sont bien à la vue dans la maison et mes enfants regardent leur album régulièrement. Genre 3-4 fois par année… Ils regardent chaque page attentivement, rient, me posent des questions sur des moments en particulier. Quand je les vois les trois, accroupies devant l’album de leur vie, je suis remplie de joie et je sais que le temps investi pour en arriver à cet album en valait la chandelle.
C’était tellement plate comme article de blogue. Mais au bout du compte, tellement satisfaisant d’avoir mis mon processus par écrit, en étapes claires et précises. C’est aussi ça le minimalisme : créer des automatismes dans notre vie pour nous libérer l’esprit. Bonne chance!