Hôtel à 340$ vs camping à 40$

Tournoi de baseball à Rimouski. C’était samedi passé, et la sueur me coulait dans le dos. Cigales, chaleur, soleil ; tout y était. Seule l’ombre se gardait une petite gêne. Je l’avais d’abord cherchée sous une estrade de soccer un peu plus loin, qui m’assurait une vue de plongée sur le terrain où jouait mon fils. Je me recroquevillais comme je pouvais pour rester à l’ombre, me déplaçant avec elle au fil des minutes. Au bout d’une heure à me contorsionner, j’ai fini par joindre les 11 familles squeezées sous l’unique abri solaire qui recouvrait à peine plus qu’une table de pique-nique à deux pas derrière le marbre. 

C’était la deuxième journée de tournoi; le troisième et possible dernier match en cours. 

Je ne le savais pas encore (les nouvelles ne s’étaient pas rendues au camping de St-Fabien là où nous logions pour deux nuits), mais à la suite du match de la veille, qu’on avait perdu par un point, la grande majorité des familles avaient annulé leur deuxième nuit à l’hôtel. Statistiques à l’appui, les chances de passer en demi-finale le dimanche étaient minces. 

Erreur. Sous le soleil de plomb, ils ont gagné, et de loin, le match samedi, ce qui nous remontait dans le classement, suffisamment pour jouer en demi-finale le lendemain.

J’étais heureuse devant cette remontée spectaculaire de nos joueurs en toute fin de partie. Autour de moi par contre, l’angoisse était palpable. Devant mon incompréhension une mère un peu dépassée par cette victoire m’a dit “À 340$ la nuit, on préférait prendre le risque d’annuler”. Les joueurs célébraient cette belle victoire; les parents étaient sur leur téléphone cellulaire à magasiner des chambres introuvables. Il n’y avait plus de place en ville. 

Et moi de répondre, “À ce prix-là, j’aurais fait la même chose!” Son mari de me répondre en riant “vous n’avez pas l’air climatisée j’imagine en camping?” 

Et bien non! Pas d’air climatisée. Pas de déjeuner. Pas de piscine. Juste un terrain qui accueille notre vieille tente-roulotte pas de toilette, mais qui nous assure une place pas chère pour dormir. Pas chère au point que je n’ai même pas imaginer annuler ma 2e nuit.

Sur ce, je les ai laissés faire leurs recherches. J’avais promis aux enfants une baignade (gratuite) à la piscine du quartier. 

On a pataugé l’esprit tranquille très longtemps. On est retournés à St-Fabien manger des restes de hot dog en bonne compagnie et tenté de nettoyer des vêtements avec du savon à vaisselle. On s’est lavés dans une douche publique de camping sous le regard des maringouins et on a allumé un feu qui nous a donné de belles guimauves dorées. On a dormi comme des bébés.

J’ai appris le lendemain qu’une famille avait dû se rendre à Matane pour trouver une chambre dans un hôtel de luxe avec vue sur le fleuve, mais ils sont arrivés trop tard (20h30) et partis trop tôt (5h30) pour profiter de la vue. Une autre était à Rivière-du-Loup. Bref, nos joueurs étaient un peu partout, sauf à Rimouski pour la nuit.

Personne n’est venu au camping de St-Fabien.

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