Qui suis-je? Une réflexion sur les étiquettes.

J’ai marché tôt ce matin jusqu’au Croque-livres de l’école de quartier pour donner au suivant des bouquins qui ne servent plus. En revenant, j’ai ouvert les penderies et trouvé des articles d’hiver en trop à donner aux nouveaux arrivants, dans le cadre d’un projet scolaire d’un de mes fils. (#minimalisme)

J’ai accepté l’invitation d’une amie qui avait des bons d’échange à utiliser dans une friperie près de chez moi. J’ai marché jusqu’au centre communautaire pour aller à sa rencontre. J’en suis ressortie une heure plus tard avec un pantalon de sport et des bottes d’hiver pour ma fille, et un chandail de fitness pour moi. Sans payer un rond. En repartant, j’ai promis à cette même amie une photo de famille professionnelle dans son salon pour le temps des Fêtes. (#sous-consommation)

Au retour à midi, j’ai allumé une chandelle de soya DIY, mis de la musique Christmas jazz, tranché ma brique de savon à l’huile d’olive et karité cuisinée il y a deux jours. La brique s’est scindée en 24 morceaux. Ils sécheront encore trois semaines. Puis, j’ai ajusté le – nouveau/vieux pantalon de yoga de ma fille à la machine à coudre. (#slowliving)

Après des mois et des mois de tergiversations, j’ai pris la décision de changer ma fille d’école pour l’année prochaine. Elle intégrera l’école de quartier au lieu de l’école alternative dans laquelle elle est actuellement. Pour l’économie d’essence, l’économie de temps, pour l’économie d’argent. (#frugalité)

Je pourrais ajouter aussi qu’après des mois et des mois de tergiversations, j’ai pris la décision de changer ma fille d’école pour ces raisons tout autant valables : pour marcher au lieu de rouler, pour tenir sa main et non le volant, pour l’écouter me raconter ses journées dans le calme du dehors, dans la danse des saisons, pour dîner en sa compagnie. Profiter de sa présence pendant qu’elle veut encore de la mienne… (#simplicité)

J’ai finalement préparé un dhal végétalien pour souper. (#environnement)

Je ne sais plus trop à quel mouvement m’identifier. Toutes les tendances passent. On en parle quand c’est à la mode et on passe au suivant après. Le mouvement “slow” est apparu quand je faisais un cours photo et plein de monde s’est autoproclamé adepte du “slow living”. Ironiquement, plusieurs se sont rués dans les magasins pour acheter des petits écriteaux portant ce nom. Quelle sera la saveur du moment dans quelques mois/années? Surprise.

J’ai pigé dans les modes, dans les tendances et j’ai gardé ce qui me convient, ce qui me touche et m’anime. J’en ai laissé tomber aussi… À un moment, j’ai fait mon déodorant, tenté le no-poo, pratiqué le yoga chinois. J’ai cuisiné mes teintures-mères et tartiné mes rôties de miel de pissenlit. J’ai traversé la tristesse d’un 40 jours sans caféine (un défi Facebook il y a plusieurs années) pour en constater les effets. C’était la première et la dernière tentative.

Qui suis-je dans ce tourbillon de tendances, de choix et de valeurs qui se croisent et se décroisent à toute vitesse ? Minimaliste ? Frugale ? Adepte du slow-living ou simplement… moi ? Peut-être qu’au fond, je ne suis aucune étiquette en particulier, mais un peu de tout ça, et aussi quelque chose d’indéfinissable.

Alors oui, j’ai fait mes déodorants maison, j’ai rangé ma vie comme on trie des objets en trop, et j’ai mis de côté des pièces du puzzle en me demandant « Est-ce vraiment moi ? ». Mais plus je les laisse se fondre ensemble, plus je me rends compte que c’est ce mélange – ces petits gestes, ces grandes décisions – qui m’ont façonnée. Pas un mouvement particulier, mais ma propre version de la simplicité.

Peut-être que le seul vrai mouvement auquel j’appartiens, c’est celui de l’instant, de chaque choix qui me définit, et qui me permet de respirer dans un monde qui va trop vite. Alors voilà : au lieu de chercher l’étiquette, j’ai choisi de laisser l’étiquette me trouver. Et pendant ce temps, je continue à trancher ma brique de savon, à donner des livres, et à profiter du silence de l’hiver.

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